Exposition

15 > 30 mars | Chapelle de l’Oratoire  | 14, rue de l’Oratoire  
Accès libre  13h > 19h (du mardi au samedi)  14h > 18h (dimanche)

AGNES GUILLAUME

Days after Days

 2019 | Installation 6 écrans | Son et couleurs

Présentation en première mondiale | Création originale réalisée dans le cadre d’une résidence VIDEOFORMES 2018-2019, avec le soutien de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes et Clermont Auvergne Métropole dans le cadre de sa politique de création.

Face à une vidéo d’Agnès Guillaume il ne faut pas brusquer le temps, mais entrer doucement, paisiblement, dans l’atmosphère propre à l’artiste, tout à la fois poétique et visuelle, sonore et lumineuse.

Days after days est constitué de 6 courtes vidéos placées comme des tableaux, à la fois autonomes et fonctionnant de concert. Chacune exprime une ambiance en soi mais se relie aux autres à la manière d’une galerie de portraits. Car c’est bien de portraits dont il s’agit, dans le sens où les personnes que nous voyons à l’écran ne jouent pas mais sont, tout simplement. Elles effectuent des gestes dont la signification ne nous est pas donnée et nous échappe probablement, mais ceux-ci ne sont pas conditionnés par une mise en scène, les postures et attitudes viennent du modèle lui-même. Et c’est là que se joue la différence subtile entre personnage et personne.

Ce qui compte n’est donc en rien le récit, une quelconque narration ou une représentation qui définirait le caractère des gens, mais bien le langage plastique et visuel de la vidéo elle-même, ce qu’elle nous donne à voir et percevoir. Certes les images qui agissent sous nos yeux ne sont pas abstraites, mais leur déroulé ne nous dit rien de précis, il nous reste seulement à ressentir. Ce sont les couleurs, les lumières et notamment les clairs-obscurs, la composition des plans comme des œuvres picturales, les gestes eux-mêmes, la lenteur ou la précision de ces gestes même, la musique et les silences, qui peu à peu vont nous faire entrer dans un état particulier, proche de la méditation ou de la contemplation.

Si Agnès Guillaume laisse la liberté à ses « acteurs » d’inscrire leur comportement personnel à l’action demandée, elle en fixe le cadre et le tempo. De la même façon, si la vidéaste nous donne la liberté d’interpréter, imaginer et rêver les situations et les portraits, elle imprime en nous une sensation, qui se vit comme une errance poétique. Une parenthèse hors temps qui nous coupe un instant de l’agitation du monde et nous permet l’intériorisation. Tout ce qui se passe (ou ne se passe pas) à l’écran, l’image en mouvement d’une personne sans histoire, induit une coloration et un climat qui s’imposent à nous par sa présence. D’une manière similaire le son joue un rôle important. Il nous fournit des indices de l’ordre de bruits mystérieux que nous pensons reconnaître mais qui, mêlés les uns aux autres forment une composition sonore qui vient enrichir et donner une texture à l’image. Des bruits qu’Agnès Guillaume collecte dans ses escapades dans une usine ou dans un bois, auxquels elle ajoute des trouvailles glanées sur internet mais en y ajoutant toujours son intervention propre, ici, la voix. Le son fait partie intégrante de cette entreprise de subversion des sens et de libération de l’esprit.

Isabelle de Maison Rouge critique d’art et commissaire d’exposition

« …ici l’artiste réinvente, intériorise, intimise, jusqu’à se découvrir une dimension universelle. Se permettant tous les écarts entre le Je et les autres, entre objectivité et subjectivité, entre réel et non réel, elle prend la parole et réfléchit par l’image. Dans sa pratique la vidéo devient une forme qui pense. »

Isabelle de Maison rouge

Miroirs de l’intime, les vidéos d’Agnès Guillaume éveillent nos émotions, nos sensations et nos questions. A l’instar de nos mondes intérieurs, comme dans un rêve, une légère étrangeté nous indique que ce qui s’y passe se situe en marge de la vie quotidienne, dans un ailleurs à la fois mimétique et poétique. La beauté des images suscite des émois inédits que les bandes-sons viennent renforcer.

De son passé de musicienne, Agnès Guillaume a gardé une exigence de justesse que l’on retrouve dans la précision du cadrage, le rythme du montage et l’usage pictural de la couleur.


Des séries d’impressions sur papier issues de certaines vidéos et retravaillées en techniques mixtes viennent enrichir sa production. Ces œuvres, plus qu’une trace de la vidéo, matérialisent durablement la sensation qui ne cesse de s’évanouir dans l’image en mouvement.

Parallèlement Agnès Guillaume pratique la broderie : petits formats comme un journal de bord, grands formats pour des séries de portraits.

2019 : Days after Days , artiste invitée en résidence, Chapelle de l’Oratoire, Clermont-Ferrand, festival VIDEOFORMES.

2019 : 4 MY’s + exposition personnelle, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles.


2019 : Vivace, exposition personnelle au château de Chimay, Belgique

agnesguillaume.com