Exposition

15 > 30 mars | Salle Gilbert-Gaillard | 2, rue Saint-Pierre

Accès libre  13h > 19h (du mardi au samedi)  14h > 18h (dimanche)

FABIEN CHALON

Mécaniques intimes

Sculptures | Machines | Vidéos

L’aube des neiges 

Écrite de la main de l’artiste, une phrase énigmatique apparaît dans l’écran : « Partir au clair de lune et découvrir l’aube des neiges. »

Constituée de poussières d’étoiles, la vie redeviendra poussières d’étoiles. Face à cette certitude, les hommes ont créé une métaphysique, une mythologie et des croyances, c’est à dire : une vue de l’esprit. Ainsi, dans son esprit, chacun voit bien que le mirage, ou l’image poétique, n’est qu’une image cosmique absente du cosmos, venue de très loin, éternellement invisible, mobile et rêvante au plus profond de soi. Appartenant aux mystères d’une conscience miroitante, ces apparitions-disparitions d’images-mirages, ne proposent rien d’autre que de nous replacer au centre de notre univers.

En développant sans relâche ce thème de l’émerveillement – qui est celui de la rêverie instantanée – Fabien Chalon nous met perpétuellement au défi de ressentir l’attrait de la simplicité absolue, de vivre en quelque sorte l’épreuve de notre présence dans l’instant magique de l’image poétique, c’est à dire, d’en percevoir un instant en nous, toute l’extase. Mais ce rendez-vous avec le parfum de l’éternité aura un prix : il nous faudra savoir passer des images invécues aux images improbables et virevoltantes de la poésie.

En somme, il nous faudra savoir accéder à l’innocence des sens.

Lulu Blanche

L’inspiration de Lulu blanche se situe dans l’imaginaire aérien, cher à l’artiste.

Animée par le souffle du spectateur – créateur (avec un air venu de l’intérieur), Lulu Blanche débute par une injonction : « Je vous enseigne le surhumain ! »

Tirée de l’œuvre F. Nietzsche, cette phrase de Zarathoustra exprime une vision symbolique du monde dans laquelle la profondeur est en haut.

Symbolique est le souffle, symbolique est l’envol, symbolique est le roulement de la boule blanche, symbolique est cette mécanique de la pensée ascensionnelle.

Si la verticalité réelle qui se dégage d’un vol n’est rien d’autre que l’expression des phénomènes psychiques, alors la légèreté et la lourdeur n’exprimeront que les qualités de l’âme. Quant au vertige, il est l’expression de l’âme défaillante qui prend peur à l’idée de sa chute morale.

Lulu blanche propose le principe qu’on ne vole pas parce qu’on a des ailes, mais qu’on se sent ailé parce qu’on a volé.

Vu des étoiles

« Un songe devant une fumée : voilà le point de départ d’une métaphysique de l’imagination. » Victor Hugo

Depuis plus de 25 ans, Fabien Chalon explore sans relâche les mystères de la mécanique de la pensée ascensionnelle.

Répondant à notre attirance pour la poésie de l’immensité, l’artiste nous invite à explorer la matière de notre imaginaire. L’air en mouvement serait-elle cette matière ?

Vu des Étoiles propose une réponse esthétique à cette question métaphysique, en créant autour d’elle la présence d’un espace en soi. L’œuvre nous désigne un espace à conquérir, un espace poétique et intime, invisible aux yeux, animé essentiellement verticalement, dans lequel on ne peut entrer qu’en s’élançant avec une soif d’imaginaire et d’élévation. Convaincu que cette mécanique de la pensée ascensionnelle n’est pas une vaine métaphore, et que toute l’histoire de l’univers court en chacun de nous, Fabien Chalon montre que les images inconscientes issues de la verticalité font entrer l’homme dans le règne des valeurs fondamentales.

Ainsi, l’artiste partage avec nous cette idée : l’homme est le seul sujet du verbe imaginer.

Mr Anselin

La sculpture-machine Mr Anselin est un condensé de l’histoire et de ses infamies.

Suivant le chemin d’un parcours initiatique symbolisé par le voyage d’une boule d’ivoire à travers les obstacles de la vie et des éléments – l’eau, le brouillard, le feu, le vent – le spectateur assiste impuissant au film des retrouvailles d’anonymes sur un quai de gare.

Comme tous les autres, Mr Anselin est attendu.

Comme beaucoup d’autres, il n’est jamais revenu.

Les installations de Fabien Chalon, sont généralement qualifiées de « mécaniques intimes ». Elles s’inscrivent dans la démarche de réflexion de l’artiste sur le rapport de l’homme à l’espace-temps et des conséquences à la fois philosophiques et métaphysique de la perception de chacun sur l’instant vécu. Il s’agit pour lui d’imaginer et de concevoir une mécanique de l’esprit qui ne soit jamais un point fixe ou définitif mais bien constamment en prise avec le mouvement du processus de l’imaginaire. Les œuvres de Fabien Chalon mettent en lumière l’idée que le temps est une réalité resserrée sur l’instant et suspendue entre deux néants. Face à ses mécaniques, combien de personnes n’ont-elles pas dit: « je reviens de loin ». Ainsi, Fabien Chalon est devenu au fil des ans, un artiste à la fois de l’intime et de l’instant. Immergé dans ses mouvements mentaux, le spectateur est amené pour un bref instant à vivre une expérience hypnotique de la durée. Les œuvres sont des théâtres où se jouent de véritables opéras : des portes s’ouvrent et se ferment, des images de corps féminins, de tumultes aquatiques, de nuées célestes, apparaissent sur les écrans au milieu de fumées envoûtantes. Parfois la chimie intervient, pour ne pas dire l’alchimie. Fabien Chalon nous incite à revisiter nos capacités d’émerveillement et nous accompagne dans ces instants de rêve et de méditation sur notre destin. En se mettant au service du détournement poétique de l’objet, il nous amène à des moments de disjonction, à des instants sacrés, à ce point ultime où le réel se dilue dans la surprise et dans l‘émerveillement. De taille humaine pour la plupart, un format idéal pour un dialogue intime avec le spectateur, certaines de ses œuvres atteignent parfois des dimensions monumentales. Présenté dès 2003 pour ses premières expositions en compagnie d’artistes tels qu’Armand, César, A. Warhol etc. par la Galerie Beaubourg, puis par la galerie Benamou / Maxé et ensuite exposé par la Galerie Kamel Mennour, il est aujourd’hui représenté par la galerie Olivier Waltman. En 2008, la sculpture monumentale « Le Monde en Marche » commandée par l’État est installée au centre de la gare du Nord. Cette œuvre a fortement contribué à faire connaître Fabien Chalon du grand public, son aspect à la fois spectaculaire et céleste en ayant fait un point incontournable de la gare. Les œuvres de Fabien Chalon sont présentes dans d’importantes collections, en France, Suisse, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Espagne, Israël, Chine, au Royaume uni, aux USA et au Japon.

fabienchalon.fr